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Le dimanche soir où l'horaire a arrêté de se faire à la table de cuisine

26 juillet 2026 · IAcouba

Un dimanche soir, à La Brassée, Cédric s'assoyait encore à la table de cuisine avec le calepin, ou le fichier, ou le fil de textos, pour finir l'horaire de la semaine avant lundi matin. Le café ouvre à 7 h le lendemain, horaire fini ou pas — alors chaque dimanche soir se ressemblait : les mêmes noms à replacer dans les mêmes cases, un texto qui rentre à 21 h pour dire que finalement jeudi c'est non, et il faut recommencer un bout.

C'est de là qu'est parti l'outil de l'horaire — un parmi la dizaine d'applications qu'on a bâties pour La Brassée en deux mois, avec la caisse, l'inventaire et la fidélité. Pas d'un plan marketing, pas d'une envie de réinventer l'horaire — d'un dimanche soir de trop.

Le piège qui a failli créer un trou dans l'horaire

En bâtissant l'outil, le premier réflexe aurait pu être de le rendre « serviable » : si une case reste vide un soir de spectacle, la remplir avec la première personne qui a travaillé ce jour-là la semaine d'avant. Ça semble raisonnable. Ça a failli passer, un soir où la couverture minimale n'était pas atteinte, et où quelqu'un qui n'avait pas encore entré ses disponibilités avait justement travaillé ce même jour la semaine précédente. Le replacer aurait « réglé » l'horaire — sur papier.

Sauf que présumer une disponibilité non confirmée, c'est fabriquer un horaire complet en apparence, qui explose le jour même si la personne ne se pointe pas. La règle qui en est ressortie, et qui tient encore : une disponibilité non entrée compte comme une indisponibilité, point final. L'outil signale le trou plutôt que de le maquiller. Un horaire honnêtement troué vaut mieux qu'un horaire faussement complet.

Du téléphone de chacun jusqu'à l'horaire de la semaine

Aujourd'hui, chacun entre ses disponibilités depuis son téléphone — pas un tableau à cocher au mur, pas une chaîne de textos à faire circuler un par un. L'horaire de la semaine se génère à partir de ça, et arrive directement dans la poche de chaque personne, pas juste collé sur un babillard que la moitié de l'équipe ne repasse jamais voir.

Un empêchement de dernière minute — ça arrive toujours — se règle en deux touches : un échange de quart proposé, accepté, et l'horaire se met à jour tout seul, sans repasser par Cédric à chaque fois. La jonglerie du dimanche soir et l'attente d'une réponse par texto se sont changées en un aller-retour qui tient dans le temps de lire une notification.

Ce que ça ne fait pas

L'outil ne devine rien sur les gens. Il n'invente pas une disponibilité pour arranger un trou, et il ne tranche pas à la place de Cédric quand un vrai désaccord éclate entre deux personnes sur qui devait travailler. Ça, ça reste une décision humaine, et c'est très bien comme ça. Ce que l'outil enlève, c'est le travail répétitif et prévisible : recopier les mêmes noms dans les mêmes cases, chaque semaine, en espérant ne rien échapper. Le jugement reste à Cédric ; l'outil s'occupe juste de ne plus lui faire perdre son dimanche soir sur la partie qui ne change presque jamais.

Le dimanche soir, version 2026

La Brassée sert 200 cafés par jour sur une seule machine, cinq soirs de spectacle par semaine, à l'année — et l'horaire de l'équipe qui fait tourner tout ça vit maintenant dans le téléphone de chacun plutôt que sur la table de cuisine. On avait déjà écrit ce billet-là en théorie — gérer les horaires sans perdre ton dimanche soir parlait de ce qui compte vraiment quand t'es une poignée. Celui-ci, c'est la version qui a vraiment tourné un vendredi soir de rush.

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